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Albert Camus : ACTUELLES, Chroniques I, II & III. 1950-53-58

Paris , nrf , 1950-53-58

300€TTC

Trois volumes in 12° brochés. Editions originales numérotées, exemplaires sur alfa mousse de Navarre (tirage à 260 ex., troisième papier).
Bons exemplaires rassemblés dans un étui carton.


-Le premier volume se compose pour l'essentiel d'articles publiés dans le journal Combat. Camus a opéré un choix avec tout ce qu'il a d'arbitraire avec cette incertitude des articles non signés dont il est difficile de savoir s'ils sont vraiment de lui. Camus souhaitait en effet que l'éditorial reste une œuvre collective.

Déjà il voit le danger de l'après-guerre et met en garde contre toute tentation de laxisme, de retour au passé : « Ce ne serait pas assez de reconquérir les apparences de liberté dont la France de 1939 devait se contenter. Et nous n'aurions accompli qu'une infime partie de notre tâche si la République française de demain se trouvait comme la Troisième République sous la dépendance étroite de l'argent. » Déjà, il prend de la hauteur vis-à-vis de la guerre, des événements du quotidien : « Le Paris qui se bat ce soir veut commander demain. Non pour le pouvoir, mais pour la justice, non pour la politique, mais pour la morale, non pour la domination de leur pays, mais pour sa grandeur. »

Actuelles I contient un chapitre important intitulé Morale et Politique avec les onze éditoriaux qui le composent. Dans ces temps de guerre, dans un article daté du 12 octobre 1944, il reprend cette formule de Goethe qu'il avait déjà reprise en 1943 dans son étude sur le roman classique 'L'Intelligence et l'Échafaud' : « Mieux vaut une injustice qu'un désordre. » C'est ici que s'inscrit le débat entre Albert Camus et François Mauriac sur les thèmes de la justice et de la charité ; deux tempéraments qui s'opposent.

Il comprend également le célèbre éditorial du 8 août 1945 quand la bombe atomique vient d'exploser sur Hiroshima. Et ce jour-là, Camus n'hésite pas à écrire : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. »

Il évoque aussi la polémique entre Camus et Gabriel Marcel à propos de l'Espagne et de sa pièce L'État de siège, à qui il écrit : « Vous acceptez de faire silence sur une terreur pour mieux en combattre une autre. Nous sommes quelques-uns qui ne voulons faire silence sur rien. » On y trouve un Camus polémiste, mais aussi un homme qui doute et sait qu'il n'a pas forcément raison, un homme de dialogue.
-Le deuxième volume rassemble des textes écrits de 1948 à 1953 et se présente donc comme une suite chronologique d'Actuelles I avec un trait d'union, une continuité que constitue la série d'articles intitulée Ni victimes, ni bourreaux. Il est centré sur les polémiques qui ont suivi la parution de L'Homme révolté. Le chapitre intitulé Lettres sur la révolte qui occupe pratiquement la moitié du livre reprend les réponses de Camus aux attaques contre L'Homme révolté.

Il révèle un Camus mordant, le journaliste et l'homme engagé qui ne recule pas devant la polémique. Parfois, il se livre un peu plus, comme s'il voulait une trace de sa lassitude et d'une certaine solitude, écrivant « je ne peux m'empêcher d'être tiré du côté de ceux, quels qu'ils soient, qu'on humilie et qu'on abaisse. Ceux-là ont besoin d'espérer, et... si on leur donne à choisir entre deux sortes d'humiliations, les voilà pour toujours désespérés et nous avec eux. Il me semble qu'on ne peut supporter cette idée, et celui qui ne peut la supporter ne peut non plus s'endormir dans sa tour. »
 
-Le troisième volume, sous-titré chroniques algériennes, regroupent des articles centrés sur l'Algérie. Albert Camus, enfant d'Algérie, a beaucoup écrit sur son pays natal, de ses premiers articles en 1939 où peu de gens s'intéressaient alors à ce pays jusqu'en 1959, soit peu de temps avant sa mort, période où au contraire trop de monde s'y intéressait. Ces textes attestent qu'un homme comme lui a vainement multiplié les avertissements et qui, écrit-il, « conscient depuis longtemps des responsabilités de son pays, ne peut approuver une politique de conservation ou d'oppression en Algérie. » Mais à l'inverse, il n'a jamais voulu cautionner « une politique de démission qui abandonnerait le peuple arabe à une plus grande misère, arracherait de ses racines séculaires le peuple français d'Algérie et favoriserait seulement, sans profit pour personne, le nouvel impérialisme qui menace la liberté de la France et de l'Occident. » Il rappelle aussi qu'il y a un million de Français d'Algérie installés depuis un siècle, qui inclut certes des 'colons', mais surtout, et à 80 %, « des commerçants et des salariés, dont le niveau de vie est inférieur à celui de la métropole mais supérieur à celui des Arabes. » Telle est la position qu'illustre Actuelles III, d'un homme écartelé entre les extrêmes des deux bords et qui se veut homme de paix et de compromis. Mais ajoute-t-il toujours aussi lucide, « une telle position ne satisfait personne, aujourd'hui, et je sais d'avance l'accueil qui lui sera fait des deux côtés. »

(Merci Wikipédia)

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